Le mot biochar utilisé seul ne signifie rien de précis. Un produit de torréfaction à 300°C et un produit de pyrogazification à 750°C portent le même nom — mais leurs propriétés sont radicalement différentes. C'est la norme EBC (European Biochar Certificate) qui établit la distinction certifiable.
Le critère clé est le ratio H/C organique. Si H/C > 0,7 (torréfaction basse température), le produit est déclassé : il n'est pas un puits de carbone au sens des normes GIEC. Si H/C ≤ 0,4 à T° ≥ 700°C (pyrogazification), on obtient un biochar certifié EBC-Agro : fraction stable > 1 000 ans estimée à ~75 %, sans HAP toxiques, améliorant la rétention d'eau et la vie microbienne des sols.
Pour le Programme Résilience, la certification CDC Biochar V3 (H/C ≤ 0,4, carbone ≥ 50 % MS, matières volatiles < 20 % MS) est une exigence contractuelle pour tous les 150 sites. Sans elle, aucun crédit carbone EU-ETS n'est défendable, et la séquestration revendiquée devient un passif juridique.
Si l'État subventionne des projets de stockage carbone dans les sols, il doit s'assurer que ce carbone n'y retournera pas dans 30 ans. Seul le biochar haute température (pyrogazification ≥ 700°C) offre cette garantie. C'est la condition d'éligibilité aux crédits carbone permanents — et la condition de crédibilité du programme face aux experts ADEME, INRAE et Shift Project.